La Grèce continentale :
Parcourir la Grèce à vélo donne à comprendre la place des cités dans la Grèce antique. Les montagnes sont partout. Le passage d’une vallée à l’autre n’est pas facile. Les villes sont situées à des points de rencontre et règnent sur les territoires alentours. Thèbes, carrefour entre le Nord et le sud, l’est et l’ouest ;
orinthe jonction entre la Grèce continentale et le Péloponnèse, entre la mer Egée et le golfe de Corinthe ; Arta au centre de l’Epire… Pour se développer, se défendre les cités ont dû nouer des alliances, tout en conservant au quotidien, leur indépendance. Des lieux comme Delphes, des manifestations comme les jeux olympiques favorisaient le dialogue et la cohésion.

Des lectures complémentaires pointent qu’avant de conquérir les mers, le peuplement s’est fait par la terre. C’est à partir du continent que ceux qu’on appelle grecs en occident ont pris possession des îles. La guerre de Troie s’inscrit dans cette dynamique. L’étymologie des mots Europe et Asie renvoient à ce double mouvement: Asie, ceux qui viennent de l’est, de l’aurore; Europe ceux qui viennent de l’ouest, de l’occident, du couchant…, la mer Egée lieu de rencontre et de confrontation. Héllène en Grèce, Grec en Europe et Yunan en Arabe… Aujourd’hui encore, les mots utilisés pour désigner les grecs reflètent cette rencontre entre l’est et l’ouest.
Le vélo permet de mieux comprendre la longue durée mise en avant par Fernand Braudel. L’Histoire inscrit ses pas dans la Géographie primitive, pour à son tour en modifier les paysages. On pense à cela lorsque les roues du vélo suivent les ornières laissées par les Chariots sur la route du Pirée, ou en découvrant les bornes et les hommages placés le long de la route de Marathon…

Les îles:
Venir pour une deuxième fois sur les îles des Cyclades, permet de prendre un peu de distance. Au-delà de la découverte de l’environnement immédiat, on peut regarder les îles dans un cadre plus large. Ainsi on découvre qu’Andros est une sorte de « porte-avions » immobile, situé à mi-distance entre les ports de l’Italie et les portes de l’Orient symbolisées par Istanbul.

Au temps de la marine à voiles, les vénitiens l’avaient bien compris. Bien établis dans les ports de l’Orient, connectés à l’Europe du nord, les îles et Andros en particulier, occupaient une position privilégiée.
Elles offraient un refuge quand le puissant Meltem soufflait. Elles étaient un point de rencontres, un lieu d’échanges, de ravitaillement sur la route de l’Orient. Aujourd’hui les bateaux sont partis, mais les armateurs ont toujours leurs belles demeures, devenues résidences de vacances tandis que les traces de Venise partout marquent le paysage.De plus, le climat particulier d’Andros permettait à l’île d’exporter vers l’Italie des agrumes de première qualité. Andros c’était un peu comme la Suisse, un lien mais entre l’Europe et l’Asie.
Pour finir sur la Grèce:


La salade grecque : La Grèce ne serait pas la Grèce sans la salade grecque. Elle est comme l’Ouzo. Partout pour une somme modique on vous la propose et on ne s’en lasse pas. J’en ai mangé midi et soir, voire même le matin, tout au long du parcours. Toujours des produits de qualité, goûteux: tomates, concombre, poivrons, oignons, feta avec une pointe d’huile et de vinaigre. C’est à la fois rafraîchissant et très nourrissant…
Les chiens : Tout serait parfait s’il n’y avait pas les chiens qui tout au long du parcours, sont prêts à vous prendre en chasse, souvent à plusieurs. A l’expérience, ce n’est pas tant les chiens errants qu’il faut craindre, mais plutôt ceux qui montent la garde aux alentours des propriétés ou des troupeaux. Ils peuvent être dangereux, et notamment la nuit. Plusieurs fois, on m’a déconseillé de rouler la nuit pour cette raison. Ce phénomène est plutôt développé en campagne, au centre de la Grèce, là où les voitures ne les ont pas encore chassés.
Les bords des routes : Dernier regret, la saleté des bords de route. Certes, on peut dire beaucoup de choses à ce propos, de la France, mais ce n’est rien comparé à la Grèce. Les grecs ont beaucoup de progrès à faire en ce domaine. A leur décharge, la crise dont peut-être, ils vont voir le bout du tunnel, ici aussi a frappé. A plusieurs reprises, j’ai lu des articles sur les difficultés endémiques de la Grèce à traiter ses déchets… Les règlements et directives de l’Union européenne en matière d’environnement qui bientôt, prendront effet, vont peut-être aider à traiter cette question.
